Une même question traverse ces textes : d'où vient le revenu de qui ne produit rien ?
La Suisse se raconte volontiers comme un pays de travail et de mérite. Ce dossier examine l'envers de ce récit : les mécanismes par lesquels une part croissante de la richesse échoit non pas au travail, mais à la propriété — du sol d'abord, du capital financier ensuite. Loyers, rente foncière, intermédiation bancaire : autant de canaux par lesquels la valeur change de mains sans qu'aucune valeur nouvelle soit créée.
En les rassemblant, nous voulons montrer qu'il ne s'agit pas de dérives isolées mais d'une seule et même logique : celle d'une accumulation qui repose sur le contrôle d'actifs rares plutôt que sur la production. Le dossier s'enrichira au fil des analyses ; les textes ci-dessous en forment le socle.